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Essor des petites propriétés

A la hauteur de Grange-Canal, un char sur la route de Chêne. On remarquera le poteau électrique au bord de la route (avant 1896)

La zone urbanisable autour de la ville historique de Genève ne cesse de s'agrandir en cercles concentriques et atteint Chêne-Bougeries. On construit de nouveaux quartiers de villas sur les plateaux, entre autre à l'Ermitage, à Grange-Canal. La population vient s'installer pour profiter de la tranquillité, de la sécurité et de la beauté de l'environnement des propriétés. Les parcelles sont toutes équipées de l’éclairage public et bénéficient de l'eau courante grâce à la Société des eaux de l'Arve. On fait appel à des architectes de renom pour réaliser les villas de caractère, d'expression pittoresque et échapper à la banalité de la Ville. La Commission d'art public, fondée par Guillaume Fatio pour la sauvegarde du patrimoine, se préoccupe aussi de la qualité des constructions. Pour récompenser les meilleures réalisations esthétiques, elle organise des concours. Certaines villas sont de type "chalet", présentées sur catalogue, et parsèment la grande banlieue genevoise.

En plus de l’importante végétation des grandes propriétés, l’essor des petits et grands jardins favorise la plantation des essences les plus diverses. On trouve des arbres indigènes: tilleuls, frênes, charmes, hêtres, platanes, etc.. Les essences des montagnes accompagnent les chalets. Les espèces plus exotiques trouvent aussi leur place: cèdres du Liban, de l'Atlas ou de l'Himalaya, séquoias et sapins du Caucase, magnolias, tulipiers, sophoras du Japon, Gingkos et paulownias. L’ensemble de ces arbres forme une forêt urbaine généreuse. Sur Chêne-Bougeries, on compte 11'793 arbres publics ou privés, soit à peu près un arbre par habitant.

En 1915, on constate que bien des habitants de la commune connaissent mal ou pas du tout les règlements de la police, de la voirie municipale et les arrêtés municipaux. Ce manque de communication avec la population est comblé par la création du Chênois, dont le premier numéro paraît en juillet, sous la direction d'Egmond d'Arcis. Ce lien entre administrés et municipalité doit paraître tous les trois mois et est envoyé à toutes les familles de la commune. Il comprend: les statistiques de l'état civil et de la population, le règlement de la voirie, le résumé des séances du Conseil municipal, des informations sur les sociétés à capital inaliénable, les dons et legs, etc. On y publie aussi l'historique de la commune, notamment les manuscrits du pasteur Goty. En 1926, Le Chênois devient l'organe officiel des trois communes chênoises, accompagnant la collaboration toujours plus serrée de ces trois entités, indépendantes mais unies sous le nom de « Trois Chêne ».